Contexte et enjeux
La République Centrafricaine présente l'un des taux d'accès à l'électricité les plus faibles d'Afrique subsaharienne. Moins de 15 % de la population dispose d'un accès fiable au réseau électrique, et la capitale Bangui subit des coupures quotidiennes qui paralysent l'activité économique. Dans ce contexte, le potentiel hydroélectrique du pays estimé à plusieurs milliers de mégawatts par les études de la Banque Mondiale reste largement inexploité.
En 2023, un consortium privé européen spécialisé dans les infrastructures énergétiques en marchés émergents identifie la rivière Lobaye, au sud-ouest du pays, comme un site à fort potentiel pour une centrale hydroélectrique de moyenne puissance. Le projet prévoit une capacité installée de 45 MW, suffisante pour alimenter Bangui et plusieurs villes de la région en électricité stable. Le consortium mandate Horizon Conseil pour structurer le projet et conduire les négociations avec les autorités centrafricaines.
Les obstacles à surmonter
Le dossier présentait trois difficultés majeures dès l'origine. Premièrement, le cadre réglementaire centrafricain des concessions d'énergie avait été partiellement révisé l'année précédente, et les décrets d'application n'étaient pas encore publiés ce qui créait une incertitude juridique réelle sur les modalités d'attribution. Deuxièmement, le Ministère de l'Énergie et le Ministère des Finances avaient des lectures divergentes du partage des risques dans les conventions de type BOT (Build-Operate-Transfer), ce que le consortium avait proposé comme structure de référence. Troisièmement, une étude d'impact environnemental préliminaire avait soulevé des questions sur les droits d'usage de l'eau par les communautés riveraines, point politiquement sensible que les autorités ne voulaient pas voir traîner dans les médias.
Notre intervention
Horizon Conseil a pris en charge l'intégralité du processus en quatre temps.
La première phase, menée en trois semaines, a consisté à établir un diagnostic complet du cadre réglementaire applicable en collaboration avec un cabinet juridique centrafricain partenaire et à cartographier les positions réelles de chaque partie ministérielle. Ce travail a permis d'identifier les points de blocage avant même que les discussions formelles ne s'engagent.
La deuxième phase a porté sur la restructuration du modèle de partenariat proposé par le consortium. Nous avons reformulé la structure BOT en un schéma de concession mixte mieux adapté aux attentes du Trésor centrafricain, qui souhaitait conserver une participation symbolique au capital du projet tout en préservant la logique de rentabilité du consortium. Ce travail de réarchitecture a pris cinq semaines, avec plusieurs sessions de co-construction impliquant les deux équipes ministérielles.
La troisième phase a couvert la facilitation des négociations formelles. Horizon Conseil a organisé et animé sept séances de travail entre le consortium et les représentants du Ministère de l'Énergie, du Ministère des Finances et de la Direction générale des Eaux et Forêts pour les questions environnementales. Nous avons rédigé les comptes rendus de chaque séance et assuré la traduction stratégique des positions de part et d'autre un rôle que ni le consortium ni les administrations n'auraient pu assumer seuls.
La quatrième phase a couvert la finalisation contractuelle. Nous avons travaillé en direct avec les juristes des deux parties pour consolider la convention de concession, sécuriser les clauses de garantie d'État et définir les mécanismes d'arbitrage international en cas de différend. La convention a été paraphée lors d'une cérémonie au Ministère de l'Énergie à Bangui.
Résultats obtenus
La convention de concession a été signée 14 semaines après le début de la mission, un délai exceptionnel pour un projet de cette envergure en République Centrafricaine, où des processus similaires s'étendent généralement sur 18 à 30 mois. Le projet entre désormais en phase de financement avec le soutien d'une institution financière de développement européenne. La mise en service de la centrale est prévue pour 2027.